JULIA KRISTEVA

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Julia Kristeva
 

 

 

 
Lettre

 

 

Julia Kristeva
Lettre au président de la République sur les citoyens en situation de handicap
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« Au fur et à mesure que j'écris ces lignes, je me prends à espérer que ces efforts pour « sensibiliser, informer, former » pourront changer vraiment les mentalités. Que chacun de nous se glisse dans ses propres rêves, les plus bizarres ou les plus répétitifs. Qu'il remonte ensuite à la surface et écoute ceux qui parlent, marchent, entendent, regardent, agissent alentour, autrement, bizarrement, follement, à faire peur. Des mondes nouveaux s'ouvriront alors à notre écoute, douloureux ou enchantés, ni normaux ni handicapés, éclosions de surprises, des mondes en train de devenir polyphonie, résonances différentes, et cependant compatibles, des mondes enfin rendus à leur pluralité. Ne me dites pas que je rêve ou que c'est de la poésie. Et si c'était la face intime de votre chantier ? »

J. K.

 

 

 

 

Liberté, égalite, fraternité et.... vulnérabilité

 

"L'humanisme ne sait pas accompagner la mortalité" (entretien dans Le Monde)

 

Sexualité et handicap

 

"Leur regard perce nos ombres"

 

 

 

 

 

ETATS GENERAUX DU HANDICAP

 

 

 

Le Conseil national « Handicap, sensibiliser, informer, former », présidé par Julia Kristeva et Charles Gardou, a organisé le 20 mai 2005, à l'UNESCO, à Paris, les premiers Etats généraux « Handicap, le temps des engagements ». Placé sous le patronage du président de la République, cette journée a rassemblé 1800 participants, dont plus de 400 pour le forum « vie scolaire » et de très nombreuses personnalités de tous horizons. L'UNSA Education a fait des propositions pour que le droit à la scolarisation en milieu ordinaire affirmé dans la loi se mette en pratique.


Le Conseil national « Handicap, sensibiliser, informer, former », présidé par Julia Kristeva et Charles Gardou, a organisé le 20 mai 2005, à l'UNESCO, à Paris, les premiers Etats généraux « Handicap, le temps des engagements ». Placé sous le Haut patronage du président de la République, cette journée a rassemblé 1800 participants, dont plus de 400 pour le forum « vie scolaire » et de très nombreuses personnalités de tous horizons, dont le ministre de la cohésion sociale, la secrétaire d'Etat aux personnes handicapées, le délégué interministériel aux personnes handicapées.


La volonté des organisateurs est de mobiliser, hors de toute rivalité politique, l'ensemble de la société civile autour d'engagements concrets pour changer sans attendre la vie des personnes en situation de handicap. Ils souhaitent ainsi infléchir sur le contenu des décrets d'application de la loi adoptée le 11 février 2005. Un appel à projets lancé en février a suscité un millier de réponses qui font apparaître d'importantes difficultés, mais aussi des réussites, des initiatives emblématiques, des idées nouvelles. Elles seront publiées dans un livre blanc.

 

Quelques idées fortes ont été développées par les organisateurs :

Le handicap fait partie de l'ordinaire de l'existence humaine. Il faut le « désinsulariser » en tissant du lien entre les personnes en situation de handicap et les autres. Quel que soit le handicap, la personne handicapée est un sujet politique qui a des capacités insoupçonnées. Il faut mobiliser les sciences et techniques pour accompagner son projet personnel. Le défi est de faire ensemble une mutation culturelle : changer le regard sur le handicap, passer d'une attitude compassionnelle à la mise en acte urgente de droits.

 

Huit forums traitaient des différents aspects de la vie des personnes en situation de handicap :

vie autonome et citoyenne,
vie, santé, éthique et déontologie,
vie affective familiale et sexuelle,
vie professionnelle,
vie scolaire,
vie artistique et culturelle,
vie sportive et loisirs,
vie, grande dépendance et dignité.


Le forum consacré à la vie scolaire a inévitablement fait le constat du décalage entre les textes et la réalité, décalage souligné encore par les interventions de la défenseure des enfants et du médiateur de l'Education nationale et la comparaison avec ce qui se fait en Italie. La nécessité de faire évoluer les mentalités a été illustrée par le témoignage de Claire qui vient de soutenir une thèse en sciences de l'éducation et qui souhaite « être traitée comme tout le monde ». Il faut maintenant que le droit à la scolarisation en milieu ordinaire affirmé dans la loi se mette en pratique. Le thème de réflexion portait sur la formation. Patrick Gonthier, secrétaire général de l'UNSA Education, qui participait à ce débat a fait des propositions autour de 4 axes :

Tous les personnels sont concernés
La formation doit être professionnalisée
Des formations communes pour un travail partenarial
Des personnels spécialisés mieux formés
La représentante du ministère de l'Education nationale a été malheureusement trop peu convaincante face à une salle qui attendait beaucoup. La proposition a été faite de s'engager pour la mise en œuvre d'une formation très volontariste pour tous les acteurs du monde scolaire pour créer une culture commune, indispensable si l'on veut faire entrer dans les faits le droit à la scolarisation.


D'une façon générale, cette question de la formation est apparue comme une priorité dans tous les forums, pour les architectes, les enseignants, les intervenants culturels et sportifs, les professionnels de santé, etc.. et même « ceux qui nous gouvernent ». Charles Gardou, co-président du Conseil national a proposé la création d'un Institut national de formation, de recherche et d'innovation sur les situations de handicap.

 

Les organisateurs ont souhaité que ces Etats généraux se prolongent par des Etats généraux départementaux pour accompagner la mise en acte des engagements pris. Il est possible d'en prendre connaissance de ces engagements sur le site www.etatsgenerauxhandicap.net

 


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